Phusis Revue (v.2)


Entretien du mois

J’écrirai le printemps est la déambulation d’un couple amoureux qui traverse les saisons dans un décor durassien, au bord des falaises normandes. L’intrigue minimaliste avec peu de personnages décuple le trouble passionnel et les non-dits, chargés de sens et d’émotion, invitent à une incursion mélancolique et tendre.

Isabelle Augereau chuchote plus qu’elle ne clame jusqu’à ce cri qui vient déchirer la trame, révélant sous la retenue du récit en prose poétique la douleur dans le silence. L’élégance dans l’écriture à la fois épurée et lyrique, au croisement de plusieurs formes narratives, renforce la singularité de cette histoire d’amour.

Réflexion du mois

« Je suis invisible » : cette phrase sonne comme l’aveu d’une solitude. Un appel à l’aide. Un être invisible est un être qui ne se trouve aucune importance au sein de la foule. Il vit en marge du temps, de la mondanité, d’un espace. Il est une existence recroquevillée sur elle-même. Pris subjectivement, l’invisible est une forme d’égoïsme, une représentation intime de soi face aux autres, face au monde. Mais objectivement, ne pouvons-nous pas voir dans l’invisible ce qui précisément rattache tous les hommes entre eux, un royaume de lois, de normes, de codes qui dictent toutes nos attitudes ?

Livre du mois

Lisons le récit d’Ornela Vorpsi. Le plaisir et surtout l’accès au plaisir, la possibilité de trouver le plaisir, l’espoir aussi d’y parvenir, tout cela semble manquer au personnage de Katarina. Ce manque qui prend la forme d’une morsure au fil des pages, une morsure d’autant plus féroce que le plaisir semble revêtir pour Katarina une grande importance dans sa vie, amène Katarina à éprouver dans son corps un déchirement intérieur dont l’acmé est présenté au début du roman, au moment même où elle est partagée – mais écartelée serait ici un mot plus juste – entre son amant, dont elle sait qu’il va lui procurer ce plaisir dont elle a besoin et que ne lui donne pas son mari, et son fils qui, malade, ne peut pas être gardé à la crèche et nécessite qu’elle reste chez elle.

Tu convoiteras

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